mercredi 18 novembre 2009

Leçon de tout au cinéma



Générer de l'imaginaire
Incursion poétique et enlevante au Québec des bûcheurs, des patenteux et des créateurs que le film La théorie du tout de la cinéaste Céline Baril vu en première aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal.  Le ton lyrique est donné avec des plans somptueux en noir et blanc cueillis par Julien Fontaine et portés par des musiques glanées au quatre coins du territoire par des musiciens en herbe.  Voyage autant dans le royaume asphalté de la métropole que dans les étendues glacées de la Côte nord et les terres à défricher de la Gaspésie.  On sent bien ce pays marqué par les reliques du passé religieux, l'immensité et l'hiver rigoureux.

Au fil des rencontres
La cinéaste a fait le pari d'aller à la rencontre de gens qu'elle croise par hasard sur la route, les invitant à se confier et à partager qui ils sont et ce qui les fait vibrer.  Il en découle une fresque émouvante où on cause de liberté, d'industrialisation, d'épuisement des ressources, de filiation, d'exode rural, de traumatismes de la croûte terrestre, de suicide, de fermetures d'usines, de l'omniprésence des camions avec des gens normaux autant mécanicien, trappeur de renards, camionneur, mineur, agriculteur, maire, pêcheur et géologue.

Du savoir populaire
Des petites perles de philosophie et de sagesse toute simple nous sont servies par ces êtres qui s'expriment avec une authenticité et une fluidité rarement vue en documentaire.  Baril sait mettre les gens à l'aise et créer un climat de confidence où le meilleur fait surface.  Ce qui relient tous ces gens qui s'expriment avec grâce sur les lieux qui les habitent: l'attachement à un territoire et une grande soif de vivre.  Personnages à grandeur d'homme et paysages surdimensionnés sont liés dans un grand moment de cinéma, résolument porteur d'une leçon de courage et de dignité malgré tous les nombreux changements et ruptures qui nous assaillent.

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