mardi 27 octobre 2009

Raconter une histoire


Cueva de las manos, Patagonie
Le don des mythes
On raconte toujours les mêmes histoires.  Les expériences humaines partagées par l'ensemble de l'humanité depuis la nuit des temps sont révélée dans la mythologie: la peur, la faim, la souffrance, la tentation, la chasse, la mort, la naissance, l'amour, l'orgueil et le courage... D'après le fascinant The Power of Myth de Joseph Campbell, qui multiplie les références autant hindoues, bouddhistes  que tirées de la culture populaire cinématographique étasuniennes (d'ailleurs le livre et la série télé ont été crées au ranch Skywalker de Georges Lucas), les mythes représentent des indices vers le potentiel spirituel de la vie humaine, des voies vers la transcendance.  D'ailleurs, les mythes qu'ils soient polynésiens, iroquois ou bien égyptiens utilisent les mêmes images et identifient les mêmes problèmes universels.  C'est l'art du conteur que de savoir les mettre en images (contées, chantées ou illustrées).  Des peintures et des gravures des grottes paléolithiques d'il y a 18 000 ans au cinéma contemporain, la parenté est incontestable.

Accrochée aux histoires
Comme pour beaucoup d'entre nous, j'ai des souvenirs très percutants du pouvoir magnétique des histoires.  Je me souviens de la joie que j'éprouvais en lisant et en me faisant raconter des légendes.  Petite, les contes de Perrault, particulièrement Barbe-Bleue me faisaient trépider. Je pouvais entendre la même histoire en rafales.  Je ne m'en lassais pas.  Avide, je harcelais les adultes sans cesse, leur implorant de me raconter des histoires.  Et ensuite je m'installais à leur écoute, fébrile et complètement absorbée.  C'était comme la première fois même si je connaissais déjà l'histoire.  Normal, il parait que ce besoin pressant de répétition des contes fait partie de l'évolution des enfants.


Plus tard devins fascinée par la mythologie égyptienne, et comme Indiana Jones je me voyais archéologue en Égypte.  J'étais particulièrement fixée sur Osiris, "l'œil puissant", le dieu des morts et le garant de la survie des défunts dans le monde souterrain.
 
Osiris, le dieux des morts


L'histoire de la pesée de l'âme lorsque le cœur d'un défunt est pesé en relation à une plume afin d'évaluer si le cœur est plus léger (signifiant que le cœur n'est pas entaché de péchés) permettant l'accès au royaume des morts, ou plus lourd, alors dévoré par un monstre  mi-crocodile, mi-lion et mi-hippopotame, me troublait et m'intoxicait.

           La pesée des âmes par Anubis

De la mythologie au cinéma
Passionnée par ce monde foisonnant de personnages, de surnaturel, d'intrigues et de drames, il n'y avait qu'un pas avant de vouloir à mon tour créer et imaginer des histoires.   Je me mis à concevoir des mises en scènes de théâtre avec les amis de mes parents et à monter des spectacles burlesques avec les autres enfants du village.  Le cinéma n'était plus très loin dans les parages.  À ce titre, lire Campbell en retraçant la mythologie au cinéma est fabuleux et même essentiel comme scénariste.

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