samedi 3 octobre 2009

Ils ne faisaient rien comme les autres


Je continue de fouiller dans le passé et étrangement c'est très fluide. Le message passe bien et on comprend tout de suite mes intentions de recherche.  Les gens que j'ai rencontré se confient et ont envie de parler de Percé, mais surtout de ma famille plus grande que nature même si parfois c'est pour me raconter des souvenirs troubles.   On me parle des chicanes, des courses en voiture, des batailles, des expulsions, des fier-à-bras, des arnaques, des documents légaux falsifiés, des maîtresses fourbes, des accidents, des trahisons.... Les Atrides, cette famille mythologique, maudite par les dieux et foudroyée par une succession de malédictions est évoquée.  Et même si c'est parfois difficile à entendre, c'est bon de saisir ce qui s'est vraiment passé et d'aller au-delà des fantaisies.

Sur une note bien différente, on se rappelle des moments de grâce, d'inspirations, de générosité, de partage, de création et d'amour des Guité.  L'atmosphère du Centre d'Art, havre de paix et de création aux arômes de peinture, de terre cuite et de bois est particulièrement puissante dans les souvenirs.  Mais aussi les banquets fastes du dimanche de l'hôtel de la Côte Surprise.  Deux extrêmes.  Des avant-gardistes, des excentriques mais aussi des fous et des bandits.  Deux extrêmes, à la fois sombre et lumineux de la nature humaine.  Je suis la première surprise de ce que je recueille mais aussi de la confiance généreuse avec laquelle on partage moult souvenirs et anecdotes.  J'en suis fort reconnaissante.

Une mythologie et une nébuleuse de rumeurs semble enrober cette famille qui ne faisait jamais rien comme les autres.  Les maisons en bois rond teintées de noir qu'ils construisaient, leurs partenaires venus de l'étranger, les femmes artistes et émancipées, leur façon de se baigner dans la mer, leur nourriture bizarre (du riz brun en 1960), leur vêtement bigarrés, même leurs coupes de cheveux étaient différentes... Ils faisaient rêver.  Faisaient-ils vraiment venir leur légumes d'Orient?  Recevaient-ils comme les autres des prestations de chômage?  Ou bien vivaient-ils dans une autre dimension?  Un clivage entre un Nous rustique et un Eux surdimensionné fait surface.  Dans un village, une telle famille alimente toutes les fantaisies.  Ils sont presque nécessaires.

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