vendredi 23 octobre 2009

Des personnages qui n'ont pas froid aux yeux

Aujourd'hui, jour #2 de l'atelier de scénarisation avec Fernand Dansereau. Notre maître exigeant nous a fait travailler le fantastique univers des personnages. D'abord, il fallait imaginer une personne, inventant son genre, son âge, ses liens personnels significatifs, sa qualité et son défaut principal, son désir impérieux, sa crainte majeure, sa singularité et l'animal le représentant le mieux.  À nos crayons, nous avons vu émerger des personnages allant du petit orphelin russe Mischa au calculateur président du Mexique en passant pas Sarah, la juive hassidique amoureuse d'un non-juif (goy).

Dansereau nous a ensuite invité à chiffrer notre appui au personnage le plus attachant.  Place à une discussion passionnante sur ce qui nous attache et nous lie à un personnage.  Serait-ce sa complexité, sa quête, ses failles, sa singularité, son évolution...? Et que penser de personnages odieux ou monstrueux à la Norman Bates (Psycho) ou bien au tueur psychopathe de No Country for Old Men... Peuvent-ils eux-aussi attirer notre attachement? On peux se souvenir de la satisfaction qu'on éprouve avec Bates lorsqu'il réussit enfin à faire engloutir la voiture de sa victime sauvagement assassinée (à laquelle on pensait pourtant s'identifier jusqu'alors).

Assoiffées de courage
Dansereau nous a livré son secret.  Ce serait le courage d'un personnage qui le rendrait attachant à nos yeux. Il va sans dire que la vie est jalonnée d'épreuves et de difficultés.  Ce n'est pas facile de vivre et nous éprouvons tous le besoin de savoir comment faire face aux épreuves.  Dans cette optique, nous sommes assoiffées par le besoin d'être témoins de leçons de courage.  Voir un personnage déployer un registre de témérité et de persévérance face à l'adversité nous lient à lui, même si sa quête est insensée.  La séduction qu'exerce un personnage viendrait ainsi des risques qu'il prend afin d'affronter à la fois les périls de l'existence et ses propres peurs.  Et même si on peut penser à des personnages introvertis et peureux tout de même attachants, c'est une leçon précieuse et toute simple qui nous ramène aux enjeux majeurs de l'expérience humaine et aux délices d'en être témoins au cinéma.

Incontournable
Pour la petite histoire, j'ai aussi appris que Dansereau avait non seulement scénarisé Le Parc des Braves mais aussi Les Filles de Caleb. Pas mal significatif comme contribution au panorama de la télévision québécoise.  Retour dans le temps d'une romance qui en a fait rêver.

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