dimanche 27 septembre 2009

Souvenirs des années folles

Ça y est la recherche va bon train.  Rencontre avec Jean-François Guité, mon oncle.  Un personnage haut en couleur, vraiment pas conventionnel pour deux sous.  Bohème, indépendant, entrepreneur et conteur, il tient l'auberge Le Pirate à Percé et, d'après les rumeurs locales, le patronyme lui colle bien à la peau.  J'ai rarement rencontré quelqu'un qui se préoccupe aussi peu de ce que les gens pensent de lui. "What you see is what you get!" Il m'a accueilli avec enthousiasme pour me raconter des moments croustillants de l'histoire de notre famille et de Percé.  Comme par exemple l'arrivée à Percé de mes grand-parents, originaires de New-Richmond. Passage d'une communauté tissé serrée d'agriculteurs à un monde rêche de pêcheurs solitaires.

Les années 30
Dans les années 30, ma grand-mère ouvre le spectaculaire hôtel le Pic de l'Aurore, baptisé On top of the World.  Original, c'est le grand chef micmac de Maria qui construit ses pittoresques chalets de bois ronds.  Selon Jean-François, c'est la femme du président Roosevelt, Eleanor, qui fort charmée par ma grand-mère, l'aurait convaincue de déménager ses pénates près du Rocher Percé, encore un village de pêcheur à peine effleuré par le tourisme.  Accompagnée par mon grand-père Ernest, fils d'un député, ils bâtissent ensemble un empire.  Leurs nombreux enfants aux fortes personnalités grandissent et travaillent dans la business familiale.  Or, après la mort subite de leur mère, ils sont laissés très tôt à eux-mêmes.


Des années folles
Débrouillard et doté d'un flair pour la bonne affaire, Jean-François apprend vite à gagner sa vie grâce au tourisme, 1$ pour allumer un feu de foyer dans un chalet du Pic ou 1$ pour accompagner des touristes sur les sentiers escarpés de la Crevasse.  C'est certainement plus rentable que la pêche.  Plus tard, c'est lui qui va louer La Maison du Pêcheur aux frères Rose, servir des bières à la discothèque du Pic au célèbre hors-la-loi Jacques Mesrine en 1969 et côtoyer les nombreux artistes de passage à Percé dans les années 60-70.  C'est aussi lui qui m'a donné l'idée d'un titre possible pour mon film : Le Piège.  Campé en 1971, pendant l'été qui suit la disparition d'Ernest, le film explore les enjeux dramatiques du dévoilement de son bien étrange testament où il lègue la totalité de ses propriétés de Percé à ses deux plus jeunes fils, Jean-François et Bernard.


3 commentaires:

  1. La recherche, c'est pour ton long-métrage? Est-ce que je peux en déduire que ton film sera basé sur ta famille dans les années 30?

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  2. Oui, c'est pour le long-métrage. En fait ça se passe en 1971 alors que le personnage principal hérite de ces propriétés construites dans les années '30.

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