dimanche 20 septembre 2009

Scénarisation pop

Ce soir, je termine le roman PiIllars of the Earth de Ken Follet. Une brique de quelques 1000 pages sur l'amour au temps de la construction des cathédrales gothiques. De la trahison, du viol, des émeutes, des famines, des guerres civiles, des miracles, de la violence crue, des complots, de  la passion déchaînée...  Le combat entre le bien et le mal gronde.  En veux-tu en vlà. Toutes les clés du bestseller sont réunies. Les méchants sont vraiment perfides, les héros sont justes et les héroïnes non seulement astucieuses mais aussi voluptueuses à souhait. Ça garde en haleine. Syd Field serait fier: des rebondissements permanents et nos héros sont confrontés à des obstacles constants. Dès qu'on souffle un peu, un nouveau défi se pointe à l'horizon. La demoiselle s'échappe après avoir été violée mais elle est immédiatement prise dans un guet-apens sordide, le bébé est sauvé de la mort mais un monstrueux comte brûle la maison, le méchant est enfin ruiné mais la famine se déclare, les héros font l'amour langoureusement alors que des hors la loi brutaux menacent de piller leur ville. Selon le pape de la scénarisation américaine, c'est exactement ce qu'il faut faire: le spectateur devrait être maintenu sur le qui-vive.  Nos héros doivent en arracher pour que la résolution soit meilleure. Les personnages se définissent quant aux conflits qu'ils vivent et surmontent. Ils doivent être dans l'action, en action. Pas trop de place pour le silence contemplatif dans cette optique.

5 commentaires:

  1. Je crois que j'ai rarement lu un brique de cette taille aussi vite, très bien foutu effectivement.

    Tes héros vont-ils faire l'amour avec désinvolture dans une grange pendant que le reste de la famille complote avec les chevaliers de Colomb ?

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  2. Ahh, ça dépend !
    Ton silence et ton plan long ont surement un antagoniste à quelque part ;-)

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  3. C'est vrai que Syd n'exclut pas les silences surtout s'ils font avancer l'action et révèlent tension, obstacle et antagonisme. À retenir. Des longs plans féconds.

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  4. Ou là là Joffrey, je vois que tu as l'imaginaire digne d'un grand scénariste. Je pense que l'intégration des chevaliers de Colomb au récit ajouterait pas mal de piment et surtout de couleur :)

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  5. J'adore cette expression, les longs plans féconds.
    À retenir ...

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