lundi 21 septembre 2009

L'art d'être concise



Longue marche dans la nature automnale.  Lecture des nouvelles du maître du genre Anton Chekhov pour qui écrire avec talent c'est écrire brièvement des grandes choses.  Certaines nouvelles ne font pas plus que deux pages et tout de même des thèmes puissants s'en dégagent: l'arrogance, la manipulation, l'asservissement, l'hypocrisie... Écriture visuelle, personnages bien campés et dénouements à la fois accrocheurs, inattendus mais aussi aigre-doux.  Fabuleuse inspiration pour des courts-métrages.  Comme l'histoire de ces deux marins qui remportent un concours parmi les 22 membres de leur équipage pour gagner la chance d'espionner la nuit de noce d'un jeune couple à travers deux petits trous habilement dissimulés dans la paroi de la cabine.  Or, quelle n'est pas leur surprise de voir le nouveau mari, un pasteur, empocher une liasse de billets d'un vieux et gros rougeaud à qui il cède sa place.  Nos deux marins sont déçus et démoralisés.  Ou encore l'histoire d'un homme qui fait semblant d'arnaquer la gouvernante pour mieux lui apprendre à se tenir debout et à protester contre l'injustice.  Selon Chekhov, l'être humain ne peut s'améliorer que s'il s'observe sous son vrai jour.  Écriture de l'authenticité et de la simplicité.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire