vendredi 11 septembre 2009

Parfum de Révolution à Percé


En 1968 et en 1969, mon oncle Jean-François Guité loue une cabane de pêche situé au bord du quai de Percé à des jeunes aux idées révolutionnaires qui rêvent entre autres que la classe ouvrière québécoise puisse avoir accès à la mer.  Ils s'installent dans ce qui deviendra connu comme La Maison du Pêcheur.  Commence alors un moment de vie communautaire plutôt flyée et politisé qui contraste nettement avec l'identité touristique commerçante proprette du centre-ville de Percé.  Ça chante, ça fête, ça refait le monde; des soupes populaires sont organisées sur la grave par ces hippies étranges.  Pas exactement ce qui attire les touristes.  Un parfum de scandale et de bohême hors contrôle se répand à Percé et ces "pouilleux" dérangent la business.



La ville et les commerçants locaux n'en peuvent plus surtout que certaines jeunes de Percé fréquentent ces étrangers aux idées pas trop catholiques.  D'autres sont tout simplement jaloux de ces gars qui attirent les filles locales.  Une libération sexuelle conjuguée à des idéaux de révolution politique se trame ...  Nous sommes en pleine époque révolutionnaire partout sur la planète: Cuba, le Vietnam, l'Algérie, Paris... Mais rendu à Percé, ça va faire, ça ne peux plus durer.  Les pompiers de Percé sont appelés au secours et ils braquent leurs boyaux sur La Maison du Pêcheur pour faire déguerpir ces personnages devenus trop gênants.  Parmi les locataires, les frères Jacques et Paul Rose du Front de Libération du Québec qui se feront connaître pendant les evenements d'octobre 1970.

Métamorphose dans les années '80: La Maison du Pêcheur devient un très respectable restaurant tenu par ma mère, Elyse Boivin.  Les graffitis cachés pendant trop longtemps sont aujourd'hui au grand jour.  Plus d'un ancien "pouilleux" revient faire son tour et se souvient, nostalgique, de sa jeunesse alors qu'il rêvait de refaire le monde et le pays.

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